ACiDPoP! - Ohé, Les Shadoks! (1975).

SHADOK: espèce animale nouvelle, identifiée pour la première fois en 1968, vivant exclusivement dans les zones de pourtour d'un écran de télévision. Les Shadoks trouvent auprès du public autant d'ardents protecteurs que d'ennemis furibonds.


La science qui intéresse ces petits animaux s'appelle la Shadok-au-Logis... Hmm, pardon la Shadokologie. Après une phase d'hibernation Les Shadoks sont de retour, cinq minutes chaque jour sur la première chaines. Cinq minutes loufoques, cinq minutes de jeu, un souffle léger chaque soir sur nos grosses têtes fatiguées.


Jacques Rouxel, père de ces bizarres créatures , parle de leur retour:

Q.A - Est-ce difficile de reprendre une série comme les Shadoks ?

J.R. - C'est surtout dangereux. On risque de perdre la spontanéité des débuts. Avec l'expérience, on apprend des "trucs" qu'on est toujours tenté de réutiliser. Cela, je me défends de le faire. C'est à la fois bon et mauvais d'avoir du succès. Bon, parce que, évidemment, c'est toujours agréable de voir que ce qu'on fait plaît, mais on risque de se laisser influencer. On essaie d'imaginer ce que le spectateur va penser. Bref, on perd l'innocence des débuts. En ce moment, par exemple, j'ai l'impression de me poser beaucoup trop de questions à propos des Shadoks. L'essentiel, c'est de s'amuser en le faisant, de laisser vagabonder son imagination... si ça veut dire quelque chose, tant mieux. Sinon... tant pis.


Q.A - On commence à parler d'un "esprit shadok"...

J.R. - J'aimerais qu'on me définisse cet esprit là. Les Shadoks, avant tout, c'est une culture physique intellectuelle, une gymnastique de l'esprit. La théorie de l'humour, ça ne m'intéresse pas beaucoup, je préfère dessiner. Les Shadoks, avant tout, c'est de la culture physique intellectuelle, une gymnastique de l'esprit. Il faut se laisser aller à cette détente. Si on analyse trop ce qu'on fait, si on sait trop comment on le fabrique, ce n'est plus drôle...



Q.A - Les Shadoks, et leur logique, ont surpris...

J.R. - Effectivement, ce genre d'émission peut déconcerter. On n'y est pas habitué. Mais la nouvelle série a soulevé moins de réactions violentes que la première. J'aime beaucoup Lewis Caroll, et tous les jeux sur la logique. Par exemple, on raisonne en partant de bases ... bizarres et on arrive à un résultat cohérent, mais fou. Exemple : Tous les chats sont mortels, or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat...
Certains passages, dans les Shadoks, volontairement, ne veulent rien dire: "On arrive à monter plus haut avec un escalier pour monter qu'on peut descendre, avec un escalier pour descendre, et réciproquement". Tout ça, c'est très marrant à faire. C'est un jeu qui me fait plaisir, et ne doit pas être pénible aux autres.



Q.A - Que faites-vous en dehors des Shadoks ?

J.R. - Des dessins animés sérieux. Ou plus exactement, on essaie de rendre plus rigolos des sujets pas très amusants à priori. La formation permanente, par exemple...


Q.A - Verrons-nous les Shadoks ailleurs qu'à la télévision ?

J.R. - Nous allons probablement sortir un album de bandes dessinées. Je pense aussi, peut-être, en faire un film, ou plutôt un court métrage. En fait, je ne veux pas non plus me laisser dévorer par ça. J'ai les Shadoks toute la journée dans la tête, à tout propos. Et ça m'embête un peu. Pour les gens je suis devenu un Shadok!





Extrait de
Quinze ans N°119
février 1975









Les Shadoks
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