Histoire de Je T'aime Moi Non Plus.

Je t’aime… moi non plus est une chanson française écrite et composée par Serge Gainsbourg pour Brigitte Bardot en 1967.
Cependant, La première version ne fut pas publiée car B.B. , mariée à l’époque avec l’industriel allemand Gunter Sachs, voulut éviter le scandale.


En 1968, Gainsbourg proposa à Jane Birkin, qu'il venait de rencontrer sur le tournage de Slogan, de reprendre le duo qu'il avait enregistré sans le sortir.


"Je T'aime... Moi Non Plus" by Jane Birkin feat. Serge Gainsbourg. 1969


"Je t'aime moi non plus" est en tête du hit-parade anglais. Quelques semaines plus tard, le titre, considéré comme "obscène et inaudible pour des mineurs", est censuré en Italie et la presse catholique vocifère. Du coup, les ventes du 45 tours sont relancées en France et dépassent le million d'exemplaires.



Il prépare ensuite un album en écrivant des chansons pour Jane Birkin (Jane B.), complétées par des reprises, par lui-même, de chansons qu'il avait écrites pour d'autres (Elisa, Les Sucettes).


En 1969, France-Soir écrit: "Après l'interdiction de la chanson de Serge Gainsbourg Je t'aime, moi non plus à la radio-télévision italienne, L'Osservatore Romano, le journal du Vatican, prend violemment parti, en déclarant que le rythme soit agréable ou non, le texte en est obscène. L'Osservatore va même jusqu'à citer certaines paroles: Je vais et viens entre tes reins... Je vais et viens et je me retiens... Non, viens maintenant.


Le journal du vatican ajoute que la décision de la radio-télévision italienne est un acte d'honnêté et que le fait qu'une composition telle que la chanson de gainsbourg soit diffusée dans les juke-boxes est la preuve du niveau d'idiotie auquel nous mène l'actuelle culture des masses..."

En Septembre 1969, Serge Gainsbourg et Jane Birkin font la couverture de Rock & Folk.

GENESE

Un matin de l'automne 1967, au petit déjeuner, Gainsbourg se met au piano et dit à Bardot : "Je t'ai écrit la plus belle chanson d'amour du monde." "Et c'est vrai, du reste , nous confie aujourd'hui Brigitte Bardot. C'était un cadeau extraordinaire, émouvant, extrêmement bouleversant." La mélodie existait déjà, Serge Gainsbourg l'avait lui-même composée un an plus tôt pour les besoins d'un film. En une nuit, il reprend cet instrumental suave et lancinant pour y glisser un dialogue follement érotique, auquel la partenaire est chargée d'ajouter soupirs et feulements de plaisir. Ainsi surgit Je t'aime moi non plus sur le plateau du petit déjeuner, ce slow révolutionnaire sur lequel, dans le monde entier, on allait rêver de draguer. Pour expliquer ce titre bizarre, Gainsbourg a dit s'être inspiré de la formule de Salvador Dali : "Picasso est espagnol, moi aussi ; Picasso est un génie, moi aussi ; Picasso est communiste, moi non plus." Gilles Verlant, le biographe de Gainsbourg, avance une autre hypothèse : "Gainsbourg avait dû deviner que les "Je t'aime" de Bardot ne dureraient pas longtemps. L'homme lucide qu'il était avait intérêt à répondre "moi non plus"." En décembre 1967, la chanson est enregistrée au Studio Barclay, avenue Hoche.

Puis Brigitte Bardot ne veut plus. Mariée au millionnaire allemand Gunter Sachs, elle cède aux pressions de ses proches, qui lui reprochent son immoralité, lui prédisent drame conjugal et carrière fichue. Elle supplie Serge d'arrêter la sortie de Je t'aime . "Ma liaison avec Serge était connue, mais bon, là, on poussait le bouchon un peu loin : c'était comme si on faisait l'amour en direct, au vu et au su de tout le monde. Ça faisait désordre."

Sagement, Gainsbourg obéit. "Il a été extrêmement grand seigneur, comme d'habitude, se souvient Bardot. Il m'a dit : "Je la mets dans un coffre, elle est à toi. Et si tu veux, un jour, on la ressortira."" Gainsbourg n'en fait pas moins écouter la chanson sulfureuse aux jolies femmes de son entourage. Notamment à Mireille Darc et à une jeune actrice anglaise à l'allure libérée du "swinging London" qu'il rencontre sur le tournage du film Slogan , de Pierre Grimblat : Jane Birkin.

"Je trouvais la chanson hautement érotique, troublante, magnifique , nous raconte Jane Birkin. Quand il m'a demandé de la chanter, j'étais fière. Mais j'imaginais surtout qu 'il pourrait l'enregistrer avec une autre fille dans un studio minuscule, et j'avais la trouille de la suite. En fait, j'ai dit oui par pure jalousie !"

Ils enregistrent à Londres à la fin de l'année 1968. Gainsbourg demande à Birkin de se placer une octave plus haut que Bardot, pour accentuer son côté androgyne. "Il trouvait ça attractif de me donner la voix d'un petit garçon de chorale", explique Jane.

La première fois que le slow est diffusé en public, c'est dans la salle à manger de L'Hôtel, rue des Beaux-Arts, à Paris, où Serge et Jane se sont installés. Pendant le dîner, Gainsbourg fait diffuser la chanson. "Tout le monde s'est arrêté de manger, raconte Birkin. Les fourchettes et les couteaux restaient suspendus en l'air. Serge m'a dit : "On a un tube.""

Dans la famille de Jane aussi, c'est un succès. "J'enlevais l'aiguille du pick-up quand je poussais mes soupirs, confesse Jane. Tout le monde trouvait ça joli. Après, mon frère a mis l'intégrale. Ma mère a dit : "What a beautiful tune !" -Quelle jolie mélodie !-"



L'album paraît début 1969, chiffre et "année érotique", avec un autocollant "Interdit aux moins de 18 ans". Pour cause d'apologie de la sodomie ("Je vais et je viens, entre tes reins"), la BBC censure le disque. Le Vatican demande son interdiction, le distributeur italien est condamné, la reine de Hollande exige d'en arrêter l'exploitation...

En France, la chanson a beau être interdite de radio avant 23 heures, elle est le tube-coqueluche des boîtes de nuit. Les ventes crèvent les plafonds dans le monde. "C'était génial, se souvient Jane Birkin. Comme disait Serge, le pape était notre meilleur agent de presse. A Buenos Aires, tout le monde nous achetait comme des petits pains, et le disque se revendait en Italie dans des pochettes de Maria Callas."

En 1986, Brigitte Bardot propose à Serge Gainsbourg de sortir leur enregistrement du coffre, dix-neuf ans après. "Mieux vaut tard que jamais", lui répond le gentleman. Le disque sort. "Les deux versions sont très différentes, c'est rigolo, note Bardot. Celle de Jane est ravissante, la mienne est peut-être plus sensuelle."

"Je T'aime... Moi Non Plus" by Brigitte Bardot & Serge Gainsbourg (1967/1986)




Il y a dix ans, dans un taxi londonien, un chauffeur a soudain reconnu Jane Birkin : "But you are fucking "Je t'aime" ! I had five fucking children on that fucking record !" -"Mais c'est vous, cette p... de "Je t'aime" ! J'ai eu cinq p... d'enfants sur ce p... de disque !"- Jane Birkin, qui chante aujourd'hui ses Arabesques dans le monde entier, sait ce qu'elle doit à ce premier tube, sa "bénédiction". "Au moins, conclut-elle, je sais exactement ce qu'ils vont jouer quand je mourrai. Quand j'aurai les pieds en avant, je connais la musique !"




1 commentaire:

Jerry OX a dit...

Quel tube mythique ! Merci de nous rappeler la tumultueuse histoire de cette chanson à grand succès et au parfum de scandale délicieusement Gainsbourien ! Un must de Serge Gainsbourg ! j'adore la version avec Brigitte Bardot (la version d'origine donc) très érotique . Celle (à grand succès ) avec Jane Birkin est plus swing et tout aussi charmante !

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