ACiDPoPHoMMaGe à Diane Arbus

Plus de 30 ans après son suicide, l’œuvre de Diane Arbus continue de nous toucher, de voyager, et de poser l’éternelle question de l’humanité et de la normalité.


Sur le grain du papier photographique, les mœurs américaines et le genre humain se déclinent, bruts, authentiques, curieusement banals et pourtant surprenants, comme le négatif de l’image de l’Amérique : les freaks apparaissent humains, les autres, grotesques.



Pour reprendre les mots de l’artiste, « what is ceremonious and curious and commonplace will be legendary ». And isn't it?.


Diane Arbus,
de son vrai nom Diane Nemerov (14 mars 1923, New York - 26 juillet 1971, New York) est une photographe américaine.


Née le 14 mars 1923 à New York, Diane Nemerov rencontre son futur mari, Allan Arbus, à l'âge de 14 ans.


Celui-ci apprend la photographie lors de son service militaire et ils ouvrent ensemble un magasin de photo de mode après la Seconde Guerre mondiale.



En réalité, c'est Allan qui prend les photos, Diane tient le rôle de styliste et démarche auprès des agences.




Ses premières photos personnelles ne datent que de 1957 environ. Elle s'extrait peu à peu du duo qu'elle formait avec son mari au profit de son inspiration.


Le couple se sépare en 1960. Elle étudie alors la photographie à la New School de New York avec Marvin Israel et Richard Avedon et rencontre par la suite Lisette Model.


Diane Arbus s'inscrit dans un courant photographique qu'avait inauguré un autre grand photographe américain, Walker Evans, qui avait imposé un style documentaire et urbain dans les années 1930.


Mais c'est après 1962, quand elle abandonne le format rectangulaire du 24x36 pour le format carré du 6x6 qu'elle impose son style propre.


En 1963, elle obtient une bourse de la fondation Solomon R. Guggenheim qui lui permet de réaliser un travail remarquable intitulé « American Rites, Manners and Customs » (les rites de la société américaine), vaste galerie de portraits d'Américains, pour la plupart inconnus, qui met en exergue les rites sociaux de cette société.


Diane Arbus concentre son activité à New York et ses alentours, photographiant des inconnus dans la rue.


Fascinée par les personnages hors-normes, elle photographie également des travestis, des malades mentaux, des jumeaux etc.


En mélangeant le familier avec le bizarre, Diane Arbus dresse un portrait troublant de l'Amérique des années soixante.



En 1967, elle participe à l'exposition « New Documents » qui se tient au Musée d'art moderne de New York avec des portraits qui côtoient les vues urbaines de Lee Friedlander et Garry Winogrand.


Là encore, son travail apparaît comme un événement qui contribue à imposer la photographie documentaire comme un genre artistique propre, se distinguant du reportage.



Dépressive, elle se donne la mort le 26 juillet 1971 à Greenwich Village en avalant une quantité importante de barbituriques puis en s'ouvrant les veines.


Son influence sur la photographie américaine est considérable. Elle a contribué à imposer l'idée que la photographie est un art à part entière.


Elle travaillait en noir et blanc et développait elle-même ses travaux afin de maîtriser complètement le résultat de ses œuvres.




Certaines de ces photos sont très célèbres comme le géant new-yorkais photographié en compagnie de ses parents, ainsi que l'inquiétante photographie des des deux jumelles (ci-dessus). D'ailleurs, le réalisateur Stanley Kubrick s'est inspiré de cette dernière photo pour créer le visuel des deux soeurs jumelles dans son adaptation de Shining (ci-dessous).

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