ACIDPoP - The Cottingley Fairies

En juillet 1917, Elsie Wright, 15 ans, et Frances Griffith, 9 ans, sa cousine, déclarent aux parents d'Elsie, avoir vu des fées. Ces derniers n'en croient rien. Mais Elsie et Frances finissent par persuader le père de leur confier son appareil photographique...

Deux photos, en juillet puis en septembre, sont montrées au père dubitatif, l'une montrant Frances devant quatre « fées » gambadant et munies d'ailes.

Ces fées semblent singulièrement figées (la sensibilité des émulsions, la vitesse d'obturation des appareils de l'époque exigent que les sujets animés prennent la pose). Une autre photo rassemblait Elsie et un gnome.


Elsie et Frances se confient de leur commerce avec des êtres sylvestres à beaucoup de personnes mais malgré ces « évidences » le père d'Elsie ne leur accorde aucune valeur contrairement à d'autres qui s'avèrent plus crédules.

En 1919, la mère d'Elsie, Polly Wright, montre les photos à un groupe d'adeptes de la théosophie dont un certain Edward L. Gardner, conférencier, qui se met à diffuser l'existence de ce qu'il prend pour des preuves.


En août 1920, Arthur Conan Doyle a vent de cette histoire par une cousine de Gardner . Pour lui, les photographies tombent à pic pour illustrer un ouvrage qu'il entend consacrer aux mythes et légendes.


Gardner et Conan Doyle vont donc confier un appareil aux adolescentes et les négatifs sont développés par un photographe, qui ne subodorera pas plus que tant d'autres la supercherie.


Cette fois, trois clichés sont produits, deux mettant en scène l'une ou l'autre des adolescentes et deux « fées » aux ailes toujours figées, mais aussi une troisième, ne montrant qu'un petit groupe de personnages féériques dont les ailes semblent réagir au vent ou se mouvoir.


Conan Doyle livre un article illustré au Strand Magazine en novembre 1920. Le témoignage d'un autre membre d'une société théosophique, Geoffrey L. Hodson, corrobore la réalité des fées.


Conan Doyle réfute les objections des photographes, imputant les incohérences ou l'absence des ombres portées par les personnages à la « faible luminosité » qui émanerait de leurs corps éthérés.


Doyle persiste à vouloir fournir des preuves encore plus irréfutables et acquiert du matériel photographique de pointe pour, cette fois, obtenir d'encore meilleurs clichés. Mais, en août 1921, les jeunes filles expliquent qu'elles n'ont plus le cœur assez pur pour que les fées les honorent de leur compagnie.

1920, Elsis assise à l'endroit où les fées dansaient en 1917.

En 1921, Conan Doyle, conforté par les dires du médium, Geoffrey L. Hodson, qui, en compagnie d'Elsie, sentirait la présence de fées, gnomes et autres farfadets sur les lieux fréquentés par les jeunes filles, publie un second article illustré dans le Strand puis, en 1922, un livre, The Coming Of The Fairies.

L'affaire en resta là pour longtemps.

En 1971, Elsie Wright sera l'objet d'un long reportage d'une équipe de la BBC et filmée pendant dix jours. Frances déclarera qu'Elsie était alors âgée de 16 ans et elle-même de 10 lors des faits et qu'on ne garde pas si longtemps (donc, tout au long d'un demi siècle) le secret d'une supercherie. Check This Out!


En février 1983, Elsie Wright, alors âgée de 83 ans (elle décèdera en 1988), admettra qu'il s'agissait d'une supercherie (les figurines avaient été découpées dans des magazines, et plantées dans des herbes ou branchages à l'aide d'épingles). Son témoignage, une lettre adressée à Geoffrey Crawley, du British Journal of Photography, sera corroboré par sa cousine Frances qui n'en maintiendra pas moins qu'il s'agissait de « pieux » mensonges car elle avait bien vu des fées et que la cinquième photo, la plus « crédible » était un réel cliché de personnages réels. Frances Griffith décèdera en 1986.

Elsie confiera qu'elle avait éprouvé de la compassion tant pour sa cousine, qui se faisait chahuter par d'autres écolières après la parution dans le Strand, qu'à l'égard de Conan Doyle qui venait de perdre son frère cadet et son fils (son fils, blessé lors de l'offensive de la Somme, était récemment mort de la grippe espagnole). Elle admettra que les « fées » provenaient de découpages et d'imitations des illustrations – dues à Arthur Shepperson – du Princess Mary's Gift Book de 1914, un livre auquel Conan Doyle avait collaboré.


Pour finir, ce Fairy mort retrouvé par un certain B.S. Joseph. Allez visiter son website pour voir ses incroyables clichés. C'est sur Internet, c'est donc surement vrai!

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