ACIDPoP - Le Bouffon

Le bouffon, fou du roi, ou fou est un personnage comique, dont la profession était de faire rire les gens.

Stańczyk, von Jan Matejko (1838-1893)

Les plus connus sont les fous des rois et des seigneurs. Il y a aussi des femmes "fous" ou "folles".

Les fous font rire. Ils divertissent, utilisent l'insolence et sont parfois conseillers. Sous François Ier, on connaît même une école de fous.


Les rois avaient leur bouffon attitré, seul personnage pouvant sans conséquence se moquer du souverain, encore que la satire constituait toujours un risque voire un péril pour l’artiste…


Les spectacles avaient souvent lieu lors de grands banquets où plusieurs vassaux festoyaient au côté de leurs seigneurs.

Rahere, Bouffon de Henry I et de la Reine Matilda, début 1100.

La Cour, dans des châteaux plus ou moins luxueux, avait son opérette de bouffons dont le comique restait souvent trivial, proche de la commedia dell'arte, bien que le « jeu » de ces premiers comédiens fût beaucoup moins travaillé que celui des artistes des « farces » du XVIIe siècle.

Un fou du roi et un bouffon dans un manuscrit du 13ème siècles.

Un des premiers écrits où l’humour du bouffon est relaté est celui de Priscus, historien grec, en 449 : Attila avait déjà à son service un fou pour distraire les convives.
C'est la première fois qu'on parle d'un fou du roi — bien qu'on puisse soupçonner qu'il en existât déjà bien avant —, mais aucune preuve n'en atteste jusqu'au XIVe siècle, où les comptes d'argenterie des rois de France mentionnent régulièrement les dépenses, parfois élevées du ou des bouffons de la cour ou faites pour eux. Le dernier bouffon, L'Angély, vécut sous Louis XIII.

Sur un plan mythologique, le fou du roi est plus ancien encore : Momos est le bouffon des dieux de l'Olympe.
Érasme souligne l'importance des bouffons auprès des rois dans Éloge de la folie, XXXVI : « Les plus grands rois les goûtent si fort que plus d'un, sans eux, ne saurait se mettre à table ou faire un pas, ni se passer d'eux pendant une heure.


Ils prisent les fous plus que les sages austères, qu'ils ont l'habitude d'entretenir par ostentation… les bouffons, eux, procurent ce que les princes recherchent partout et à tout prix : l'amusement, le sourire, l'éclat de rire, le plaisir. ».


Mais Érasme fait également quelques allusions à un second rôle échu au bouffon : celui de révélateur, de miroir grotesque.

Gravure d'un bouffon du 19ème siècle

Rôle attesté par le fait que les bouffons suivaient une réelle formation, qui était plus adaptée aux hommes d'esprit qu'aux réels crétins.


Il semble que certaines associations discrètes n'y furent pas étrangères, d'après Bernard Roger, dans À la découverte de l'alchimie.


La fête des Fous serait une survivance de fêtes rituelles bien plus anciennes, s'apparentant aux Saturnales.

Gravure d'un bouffon du 19ème siècle

Le fou est aussi, en alchimie, un symbole pour représenter le dissolvant, l'action de décomposition (œuvre au noir).



Dans le tarot de Marseille, l'arcane du Mat est aussi appelée « le Fou », et représente l'errance, la folie, mais aussi la liberté et l'insouciance.


Bouffons célèbres

* Triboulet, bouffon de la cour de France sous les règnes de Louis XII et François Ier.


* Brusquet, bouffon de la cour de France sous les règnes de François Ier et ses successeurs.
* Nicolas Joubert, sieur d’Angoulevent, bouffon sous Henri IV.
* L'Angély, fou du roi Louis XIII.

* Archibald Armstrong, bouffon du roi Jacques Ier d'Angleterre.



* Nicolas Ferry, bouffon de Stanislas, dernier duc de Lorraine.

A l’âge de cinq ans, il mesurait 15 pouces et pesait douze livres, il était devenu très célèbre et beaucoup de curieux, accourus des alentours, venaient l’admirer. Stanislas le Duc de Lorraine, ayant entendu parler de ce phénomène, le fit venir en son château de Lunéville. Impressionné par ce personnage hors du commun il le garda dans l’intention de l’élever à la cour pour en faire son bouffon. Il l’appela Bébé introduisant, du même fait, ce nom pour la première fois dans la langue française.

Nicolas Ferry dit Bébé (1741-1764)
Pastel par Stanislas (Musée Lorrain Nancy)


* Yorik est un bouffon dans la pièce Hamlet de William Shakespeare.
* Rigoletto bouffon du duc de Mantoue dans l'opéra du même nom de Giuseppe Verdi, dont la figure est inspiré par Triboulet.
* Le Bouffon Vert est l'un des plus anciens ennemis de Spiderman.
* Malcolm le bouffon dans la trilogie des jeux d'aventure The Legend of Kyrandia. Il est le méchant principal dans le premier volet et le héros du troisième volet.
* Dhoulmagus est un bouffon sorcier qui est un méchant du jeu Dragon Quest VIII.
* Harley Quinn est une super-vilaine déguisée en bouffon qui est une ennemie de Batman. Elle est associée au Joker.
* Le Pitre est un super-vilain déguisé en bouffon qui est un ennemi de Daredevil.

Ci-dessous: "Evil Jester" ou "Bouffon Maléfique", un bien étrange court métrage d'animation.





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