ACIDPoPHoMMAGE à Fantômas


Il existe plusieurs hypothèses quant à la genèse de la trilogie des Fantômas. Jean Marais rapporte que c'est lui qui, sur une suggestion de Cocteau, proposa l'idée d'une nouvelle adaptation cinématographique de Fantômas à Hunebelle.


Reprenant les personnes principaux (Fantômas, le journaliste Fandor, le commissaire Juve, Hélène et Lady Beltham) de l'œuvre, Hunebelle et Jean Halain son fils et scénariste proposent dans la trilogie un Fantômas d'un genre nouveau, loin de la matière littéraire de Pierre Souvestre et Marcel Allain.


On retrouve bien l'inquiétant criminel aux mille visages mais le climat macabre est escamoté au profit d'un mélange de fantaisie, d'humour et d'action.


La formule du Fantômas selon Hunebelle : l'action (Marais) + le rire (De Funès) + le charme (Demongeot) + la menace (Marais en Fantômas masqué/Raymond Pellegrin la voix inquiétante de Fantômas) le tout imprégné de références à la culture «pop» française des années 1960 (les premiers films de James Bond, la DS...


le Type H, la science-fiction, la Terrasse Martini sur les Champs-Élysées,la télévision, etc. ).


Alors que dans les romans, Fantômas ne cherche qu'à amasser les richesses, chez Hunebelle, Fantômas devient un méchant à la James Bond, ayant un « objectif » comme dominer ou détruire le monde.


Ainsi, dans Fantômas se déchaîne, il affirme qu'il sera bientôt le maître du monde et se propose d'asservir les masses en utilisant un rayon hypnotique alors que dans Fantômas contre Scotland Yard, il annonce être dans la capacité de faire sauter la planète.



Les gadgets les plus décisifs de Fantômas sont ses masques qui lui permettent de se composer n'importe quelle tête.


Il declare dans le premier film : « un procédé de mon invention me permet de reconstituer à la perfection la peau humaine.


J'ai réalisé la plupart de mes forfaits avec les visages de mes propres victimes ». Le Fantômas de Hunebelle « n'a plus recours à des postiches de théâtre/.../Il utilise de véritables masques-peaux, qu'il enfile comme des gants » par dessus un autre masque, le masque qui dissimule ses traits.


L'apparition de la DS volante constitue l'un des grands moments de Fantômas se déchaîne. Poursuivi par Fandor et Juve à la fin du film, Fantômas ne doit son salut qu'à cet incroyable gadget qui lui permet de s'échapper par la voie des airs.


Ailes déployées, réacteurs jaillis de derrière la plaque minéralogique, la DS, élément de la mythologie des années 1950/60 selon Barthes, conforte le Fantômas de Hunebelle dans son « statut d'icône sixties ».



Lorsqu'il apparait sous sa propre identité, l'apparence du Fantômas de Hunebelle ne peut qu'impressionner le spectateur. Dans les trois films, le monstre ne dissimule pas son visage par une cagoule comme souvent le personnage des romans mais sous un masque qui lui compose un second visage, sans trait et qui semble continuellement esquisser un sourire sarcastique.


Ce masque, dont Jean Marais s'attribue l'invention et qui fut développé par le décorateur Gérard Cogan, donne au personnage un coté inquiétant et presque inhumain.


Pour le reste, le nouveau Fantômas n'est plus habilllé en maillot de gymnaste et cape noire, mais il est vêtu très élégamment, chemise et cravate sombre sur costume sombre, cédant aux canons de la mode la plus hype des années soixante.


Au-delà de l'apparence, il y aussi la voix de Fantômas, cette voix inquiétante et belle qui ajoute à l'étrangeté du criminel.


D'ailleurs ce n'est pas Jean Marais, son incarnation, qui lui prête sa voix, mais un autre, Raymond Pellegrin.



Aussi comme le remarquent les auteurs de Fantômas, style moderne, « il faut donc désormais deux acteurs (un pour l'image, un pour le son) pour représenter Fantômas.
Après avoir pris les apparences de tout le monde, il devient lui même sujet clivé qui ne tient plus ensemble, pure construction figurale faite de fragments d'autres corps ».

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